La vie dans une van permet d’explorer d’une manière différente les endroits visités.

Il est en effet possible d’observer de plus près la nature, la faune et la flore. Pour ma part, ceci a eu un impact sur ma relation avec notre environnement, en étant plus régulièrement hors des sentiers battus ou dans des zones avec un écosystème fragile. Cela m’a également poussé à me renseigner davantage afin de faire l’état de la situation et je vous avouerais que ce que j’ai appris m’a secoué à plusieurs reprises. Il n’y avait pas d’autres moyens que de sauter dans mon Safari Condo et mettre le cap vers plusieurs de nos parcs nationaux où les enjeux de conservation sont criants.

Pour documenter l’aventure, j’ai invité mon chum Paul qui a tout filmé. Au total, nous avons visité 6 parcs nationaux et rencontré une quinzaine de personnes travaillant à la préservation de la nature. Nous avons filé en premier vers le parc national de la Gaspésie, le deuxième plus vieux parc du réseau de la Sépaq. On trouve ici la colonie de caribous la plus au sud du Québec. Dû à de l’exploitation forestière et minière qui a été autorisée après la Deuxième Guerre mondiale, le caribou est devenu vulnérable à ses prédateurs et la population a passé de plus de 1000 bêtes à moins de 80 individus en un peu plus de 60 ans. Des actions concrètes sont posées aujourd’hui pour favoriser la restauration de l’espèce.

Nous sommes ensuite descendus vers le lac Témiscouata, le 2e plus grand lac au sud du Saint-Laurent.

Cette étendue d’eau a la particularité d’être située à 50 % dans le parc national du même nom, alors que l’autre moitié est habitée par des riverains. Plusieurs plaisanciers viennent également y faire du bateau, ce qui est parmi les causes de la propagation du myriophylle à épis, une algue envahissante qui étouffe nos cours d’eau. Ici, c’est un regroupement citoyen, appuyé par la Sépaq, qui a entrepris une série de mesures visant à contrôler la situation.

Tadoussac et le fjord du Saguenay étaient les prochaines destinations, où nous avons accompagné une équipe de bénévoles faisant du baguage sur des nyctales afin de collecter de précieuses données sur la migration de cette chouette. La chouette est l’une des espèces d’oiseaux utilisant les dunes de Tadoussac comme lieu pour y passer la saison estivale avant leur migration hivernale.

Selon l’Observatoire d’oiseaux de la région, nous avons recensé jusqu’à un demi-million d’individus dans cette portion du parc national.

Le secteur de la Baie-Sainte-Marguerite sert de pouponnière pour les bélugas et ici, le parc national et ses partenaires imposent des règles strictes aux bateaux empruntant le fjord afin de limiter au maximum le dérangement de ce mammifère marin malheureusement en déclin. Nous retrouvons un peu plus en amont du fjord les majestueuses falaises dans le secteur de Baie-Éternité. Ici, ce sont les faucons pèlerins qui étaient en danger d’extinction dans les années 1980 en raison de l’utilisation massive de pesticides en agriculture. Le parc a réintroduit des individus, et aujourd’hui, la population a quintuplé.

Encore plus au nord, en bordure du grand lac Saint-Jean, se trouve le parc national de la Pointe-Taillon.

Cette zone protégée a la plus forte densité d’orignaux au Québec, ce qui nuit d’ailleurs au couvert forestier. L’érosion des berges est également un enjeu important dans ce secteur, la piste cyclable ayant d’ailleurs été déplacée à deux reprises. En collaboration avec des acteurs de la région comme Rio Tinto, des techniques ont été développées afin de neutraliser les conséquences du vent et de l’eau sur les berges.

Le parc national de Frontenac protège une bonne partie du Grand lac Saint-François, et ici, c’est le roseau qui prend un peu trop d’espace. Ici aussi, nous avons développé une technique utilisant des bâches afin d’enrayer cet agent envahissant sur plusieurs kilomètres de rives.

Notre dernier arrêt, mais non le moindre, a été le tout dernier parc du réseau, soit le parc national d’Opémican qui ouvrira officiellement ces portes cette année.

Je dois vous avouer avoir vécu un moment unique lorsque j’ai visité le parc avant même son ouverture. Imaginez avoir un parc national à vous (presque) seul! Les chutes de la rivière Kipawa sont à voir et le lac Témiscamingue était définitivement un joyau que nous devions protéger. Ceci dit, la création d’un nouveau parc national implique plusieurs défis avec lesquels la Sépaq a dû jongler. Les responsables du parc m’ont appris que pas moins de 4 espèces menacées ont été identifiées dans le secteur où la majorité des installations devaient être bâties. L’aménagement a ainsi dû être revu en conséquence.

C’est avec 3000 kilomètres de plus au compteur que j’ai pris la route du retour.

En plus de me ressourcer au maximum, toutes ces rencontres inspirantes m’ont fait réaliser à quel point la nature est fragile. Je tiens à remercier ces gens qui travaillent quotidiennement à la préservation de nos parcs nationaux. Mais on ne peut pas compter que sur les autres pour limiter notre empreinte écologique. Il y a une foule d’actions simples pouvant être posées et qui auront un impact positif sur l’environnement. Pour ma part, j’ai trouvé un programme permettant de compenser les émissions de carbone que mon véhicule émet, cliquez ici pour en savoir plus!

Cette aventure a été rendue possible grâce à la Sépaq.