Continuer à vivre la van life avec bébé? C’est ce que je fais avec mon copain Alex et petit Charlie. Du Mexique en passant par l’île de Siargao aux Philippines et Kauai en Hawaï.

Avec ma devise «sua’ botch». J’aime le fait de moins planifier, de faire preuve de débrouillardise et d’ouverture d’esprit. Alors, la van life avec bébé est devenue le meilleur moyen de continuer à voyager et surfer en mode baby friendly.

Meet Yolande. Une petite Ford Transit Connect nommée en l’honneur de ma grand-mère (RIP). Un camion de Poste Canada transformé en tiny van. Ça fait deux ans qu’Alex met son cœur, beaucoup de sueur et quelques sacres pour nous créer un petit bonheur roulant et nous permettre de continuer à être YOLO en se faisant des petits surf trips.


Yolande, c’était un projet avant le bébé. Pensé et créé pour deux.
On l’a pas vu venir d’être trois, mais on a transformé notre petite Ford le mieux qu’on pouvait pour s’ajuster à bébé. Utiliser mon bon vieux dicton «sua’ botch» et une bonne dose de créativité pour partir sur la route en famille avec un genre de confort. 

«Reality check»

Nous avions des grands projets. Partir plusieurs mois vers l’ouest direction l’Oregon pendant le congé de maternité. Avec petite Yolande et petit Charlie d’un an, c’est un plus tough qu’on le pensait.

On a testé des mini surf trips dans le Maine avec le bébé d’un mois. Super facile! Mais avec le temps, il a fallu s’adapter à son âge et sa capacité d’être attaché dans un banc pas plus de deux heures avant de péter une (solide) coche. Nous avons donc planifié un road trip en van niveau intermédiaire direction Nouvelle-Écosse.

On est allé tester la vie de vanneux en mode bébé. Faire l’expérience van life avec bébé avant une future grande aventure.

On a pris la route de nuit (meilleure stratégie pour rouler des grandes distances avec un enfant) après un mariage bien arrosé (FAIL!). On a donc échangé deux nuits de sommeil pour 1 250 km avec la pédale su’l métal en priant pour que le swell et le vent soit de notre bord. Nos prières se sont fait entendre. Cinq jours consécutifs de gros swell. Les cernes en valaient les vagues parfaites, tout comme les paysages de notre belle forêt canadienne.

Voyager «normalement» en avion pour se rendre à une destination, avec un enfant, ça tire quand même du jus.

Le repos est presque inexistant. En van, c’est 100 fois plus intense. Nous nous sommes donc arrêtés quelques jours au parc national de la Baie de Fundy (N.B) reprendre des forces et jaser avec les Acadiens. C’était vital. Props à nos surfs nanny et gardiens avertis. Sérieux voyager avec des amis/famille qui peuvent te donner un coup de main c’est primordial à la survie.

En van, tu vis avec l’essentiel et c’est parfait ainsi. Tu dois trouver des spots où dormir (et toujours avec un peu de fierté), faire ton setup, cuisiner avec tes deux bacs de vieilles vaisselles et un seul chaudron. Le fun du JOMO (joy of missing out) de la van life est de reconnecter avec la base et de vivre au jour le jour au rythme du monde autour de toi. D’être libre et autonome selon le moment présent. Mais gérer en plus un bébé qui rampe, qui met les spirales à bibittes dans sa bouche, qui est attiré par les couteaux et qui va direct dans les feux, c’est une autre paire de manches. Mais c’est parfaitement imparfait, c’est ça l’aventure et en plus c’est super économique. En plus, tu fais de belles rencontres comme la fois où on a rencontré Julien et Karo de Go-Van à Lawrencetown!

Impossible de faire des plans

N’allez pas vous imaginer que vous allez live the search à la recherche du meilleur spot de la région. Ce ne sera pas possible. Dommage, parce qu’en Nouvelle-Écosse, il y en a plusieurs… des breaks secrets où tu pourrais te retrouver seul sur ta vague, des beachs breaks, des point breaks, la plupart avec une vue incroyable! Non, il faut plutôt gérer les siestes de Charlie tout en essayant de ne pas faire brûler ton grilled cheese entre deux sessions. Bon défi, je vous le jure!

On avait fait un setup de type lit de camping sur les sièges avant pour que Charlie puisse dormir dans son lit pour avoir un peu de répit. Au final, aucune chance. À chaque trois heures, Charlie se réveillait et tentait de grimper partout sur les murs. Prendre une douche dans des toilettes publiques de plage avec juste de l’eau froide était aussi une belle aventure en soi! C’est un travail d’équipe incroyable de planification du savon et gestion des serviettes, je vous le dis! Mais après deux heures tout le monde est enfin propre.

Être à la fois mère et voyageuse, c’est un aventure en soi.

Toque, jogging et restant de zinc dans le visage, voilà mon style de van life avec bébé! Même si j’ai eu le temps de manger à moitié et que ma douche n’était pas la plus satisfaisante, j’étais tellement comblée. Ok, je l’avoue: j’ai déjà fait semblant de ne pas entendre Charlie pleurer quand j’étais dans l’eau et qu’un set de rêve rentrait! Mère indigne, vous me direz?

Il faut se laisser la chance d’apprendre, d’arrêter de culpabiliser et surtout, d’adapter ses projets à cette nouvelle réalité. Pas exactement comme la société le dicte, plutôt comment moi je la perçois. J’ai décidé d’être une mère vanneuse/voyageuse/aventureuse/travailleuse/amoureuse/surfeuse/sportive. (C’est-tu possible ça ?)

Je veux que mon enfant grandisse dans le vrai.

On va continuer à lui faire vivre des petits et grands road trips avec Yolande (possiblement Yolande Extended bientôt!). On veut qu’il vive dehors, dans l’imparfait, qu’il s’adapte, se débrouille et sache qu’il y a toujours plus grand.

Alors, si tu vois une petite famille de “Québ’” avec un bébé dans un camion de Poste Canada avec des surfboards triplement attachés (j’ai eu ma leçon quand je l’ai perdu une fois en partant d’un surf spot!) sûrement stationnée illégalement, tu viendras nous saluer. On se fera un petit grilled-cheese et un café «sua’ botch».