Depuis que la fameuse 132 a été qualifiée d’incontournable par l’équipe du Lonely Planet, on dirait que tout le monde se lance dans un roadtrip en Gaspésie.

Cette année plus que jamais, les feeds Instagram se remplissent de photos de 5 à 7 au bord de la mer, d’aventures avec le vent dans les cheveux et de camping dans les parcs de cette dépaysante région du Québec. Malheureusement, comme le nombre de touristes a beaucoup augmenté au cours des dernières années, si on veut garder notre Gaspésie intacte, il faut s’informer, planifier et surtout protéger la région. Voici un petit guide pour un roadtrip en Gaspésie aussi réussi qu’écoresponsable. 

Tout ce que vous devez savoir

Gaspé

À Gaspé, un tout nouveau règlement municipal indique qu’il est interdit de faire du camping dans les lieux et chemins publics comme les parcs, les routes et les stationnements de centres commerciaux. Toutefois, il est permis de se poser sur les lieux qui ne sont pas de juridiction municipale. Attention : les véhicules sont interdits sur les plages et les bancs de sable! La SQ surveille les zones interdites et une contravention allant jusqu’à 200$ peut être émise si on ne respecte pas les règles. Pas le meilleur souvenir à ramener de ton roadtrip en Gaspésie!

Camping sauvage et régulier

  • Le stationnement sur le bord de la plage du port de Sandy Beach appartient au Gouvernement du Québec. Il est donc possible d’y passer la nuit.
  • Le long de la plage de Haldimand, on peut camper et profiter de la vue sur le parc Forillon au petit matin. La plage comprend un bloc sanitaire avec douches.
  • Le Camping des Appalaches a encore pas mal de disponibilités pour les mois d’août et septembre. Il faut réserver une ou deux semaines à l’avance.
  • Le Camping des Ancêtres a de la place pour juillet, août et septembre. Là aussi, il faut réserver une ou deux semaines à l’avance.

Eaux usées, douches et point d’eau

Le Irving situé à la jonction de la route 132 et de la 198, juste au bord de la ville de Gaspé, permet de vider les eaux usées et remplir les eaux propres gratuitement, et ce, 24/7. Aucun camping contacté ne permet de prendre une douche pour les non-campeurs en raison des mesures sanitaires mises en place pour la COVID-19.

Protéger les écosystèmes

La cueillette est un gros problème dans la région : cueillir des plantes en bord de mer ou du bois de grève pour faire un feu, ça affecte tout le fonctionnement des écosystèmes. Si tu fais un roadtrip en Gaspésie et que tu rêves de faire un feu sur la plage, c’est possible… mais de manière responsable. Il faut reprendre un pot à feu déjà utilisé, amener son propre bois et faire brûler ses déchets organiques s’il n’y a pas de poubelle à proximité.

Percé

À Percé, de Prével à Cap-d’Espoir, la réglementation municipale interdit le camping en dehors des terrains accrédités et prévus à cette fin.

Camping sauvage et régulier

Presque tous les campings contactés, comme le Camping du Village (disponibilité à partir de la mi-août), le Camping Tête d’Indien (disponibilité fin août et septembre), et le Camping Cap Rouge (disponibilité fin août, réservations par courriel seulement) se remplissent vite et recommandent des réservations deux semaines à l’avance pour un roadtrip en Gaspésie réussi.

Eaux usées, douches et point d’eau

Certains campings permettent de faire la vidange des eaux grises moyennant certains frais même s’ils sont pleins. C’est le cas de Baie de Percé (15$) et du Phare (10$). On retrouve des douches payantes au Pavillon des Grandes Marées, au centre du village de Percé. Aucun camping contacté ne permet de prendre une douche pour les non-campeurs en raison des mesures sanitaires mises en place pour la COVID-19.

Protéger les écosystèmes

La principale conséquence du camping sauvage ou hors site, c’est la pollution, particulièrement l’accumulation de gens autour de zones à risque. Les véhicules stationnés pendant de longues périodes rejettent de l’hydrocarbure, ce qui peut affecter la faune et la flore en bordure des plages. Les barachois, une étendue d’eau peu profonde isolée de la mer par du sable, des graviers ou des galets, sont un des paysages les plus typiques de la Gaspésie. Il faut donc éviter d’y camper et surtout, faire attention où on met les pieds puisque l’effet de piétinement de la végétation entraine une perte de biodiversité.

Carleton-sur-Mer

Après plusieurs abus de la part de campeurs, Carleton a décidé d’interdire plutôt que d’encadrer. Le camping est donc interdit sur tout le territoire de la ville en dehors de terrains de camping depuis 2019. Une amende de 151$ peut être émise pour non-respect de cette règle. Les feux sur la plage sont tolérés seulement sur une propriété privée, pas sur la plage municipale ou en dehors des terrains de camping.

Camping sauvage et régulier

  • Le Camping municipal de Carleton est presque complet pour l’été et refuse plus de 150 personnes par jour en haute saison. Il faut réserver !
  • Le camping sans services de l’Hostellerie Baie Bleue, un hôtel de la ville, n’est pas encore totalement booké pour l’été. 

Eaux usées, douches et point d’eau

Le camping municipal permet de vidanger pour 5$. Les parcs municipaux offrent de l’eau gratuitement près des blocs sanitaires. Aucun camping contacté ne permet de prendre une douche pour les non-campeurs en raison des mesures sanitaires mises en place pour la COVID-19.

Protéger les écosystèmes

À Carleton-sur-Mer, plusieurs milieux humides situés près des plages sont très importants pour la biodiversité. En bordure de plage, on retrouve l’élime des sables,  une plante mieux connue sous le nom de « blé de mer » par les gens du coin. On oublie parfois d’y faire attention, mais son rôle est extrêmement important puisqu’elle combat l’érosion côtière. Avec ses racines très profondes, l’élime de mer maintient la stabilité du haut de plage et empêche les vagues de se rendre au cordon littoral. Il faut donc éviter de marcher, rouler ou même de se stationner à moins de 10 mètres de la végétation. Évidemment, les changements climatiques accélèrent l’érosion côtière, et si on ajoute des véhicules à l’équation, la plage pourrait disparaître encore plus rapidement qu’elle ne le ferait naturellement.

Quelques trucs pour un roadtrip en Gaspésie respectueux

Oui, la Gaspésie, c’est super, mais si on veut qu’elle reste aussi belle qu’elle l’est déjà, il faut pratiquer le leave no trace : ramasser ses déchets (et traîner des sacs à vidange!), vider ses eaux grises dans les endroits appropriés, amener son bois pour les feux et surtout, suivre les règlements sur le camping dans les municipalités. Il y a moyen de profiter des couchers de soleil sur la plage tout en respectant les écosystèmes et la nature !

Pour profiter d’un roadtrip en Gaspésie sans être coincé dans une mare de touristes, tous les Gaspésien-nes recommandent de planifier et réserver, et, si possible, de voyager en dehors des grosses périodes de pointe touristique. Un petit truc : dans les secteurs de La Côte (Ste-Flavie – Matane) et dans la Matapédia (Amqui), les paysages sont tout aussi beaux et beaucoup moins achalandés. Bonne route !

Merci à Tourisme Gaspésie pour sa collaboration à cet article.

Merci également à Gabrielle Tremblay-Baillargeon, Isabelle Gauthier et Manuelle Ann Boissonneault pour leur précieuse contribution.