Texte par Gab Dagenais.

Fin mai 2018, j’avais la chance de parcourir le Québec avec ma copine dans une van pour une aventure savoureuse – Ça commence bien l’été, oui!

Le jour du départ, sur l’heure du midi, ma blonde et moi avions rendez-vous chez Vanlifemtl pour récupérer notre petite maison sur 4 roues. Quand j’y suis entré pour la première fois, j’avais les yeux aussi ronds que des billes en voyant l’aménagement construit à l’intérieur du Dodge Promaster. «Wow! c’est ben hot!»

Un lit, du rangement, un frigo qui marche à l’énergie solaire, un comptoir pour cuisiner, un petit lavabo avec une pompe qui tire l’eau directement d’une gourde de 16 litres (je ne sais pas trop comment ça s’appelle), une petite table amovible… bref, une fourgonnette au look Pinterest parfaitement équipée, conçue pour profiter confortablement d’un moment unique autour d’un bon repas fraîchement cuisiné, là où on le voulait. Ça sentait la liberté!

La Gaspésie, pourquoi pas

On avait 4 jours. 4 jours pour s’évader quelque part au Québec. «Qu’est-ce que ça te tente de faire? On va où? –Je sais pas… On se tapes-tu 2500 km en 4 dodos? –Enwaille donc! On va la rouler cette belle van-là!»

Notre seule contrainte était le temps, mais on ne voulait pas se limiter dans les endroits où aller. L’affaire c’est qu’au mois de mai, un peu partout dans la belle province, c’est un peu la saison morte. Certains iront pêcher, d’autres vont trouver une montagne encore skiable ou un chemin bouetteux pour faire du vélo, mais c’est pas le moment de l’année où tu te dis :

«J’va aller me faire bronzer dans gadoue et sauter dans le lac me rafraîchir. Me semble que les nuits sont collantes à 3 degrés Celsius.»

Pour te donner un exemple, le parc Forillon n’était pas ouvert. On peut quand même marcher près de l’eau et respirer de l’air frais, mais si t’as envie de faire un ti-pipi, le chalet est fermé… alors le ti-pipi, y va attendre un ti-peu.

Ce qui nous a permis de trancher à savoir où aller était l’envie de voir la mer et «ah oui c’est vrai! C’est la saison du homard! On va en Gaspésie.» Simple de même! La van est le meilleur véhicule pour suivre son instinct.

L’aventure culinaire

Mon boss a dit oui, j’ai une semaine off. Je quitte mes fonctions de chef pour un moment le temps d’explorer le Québec. Muni de mon poêlon, mon couteau et mes pinces, c’est dans une van que j’allais cuisiner pour les prochains jours. Pas question d’arrêter dans les fastfoods pour manger du Tim pis du Subway tout le long. Bon, c’est sûr que c’toujours le fun de jongler avec un burger et un volant quand il faut simultanément rouler et combler sa faim, mais ce qui me faisait tripper, c’est de voir comment j’allais me débrouiller dans la fourgonnette avec de l’équipement de base et des produits frais.

D’emblée, je pouvais affirmer ceci: Pas besoin de rouler en VR de luxe pour cuisiner à l’intérieur d’un véhicule. 3 choses sont essentielles:

  • Quelque chose qui chauffe
  • Le coffre à outils du cuisinier
  • Des produits frais

Oui, c’est cool de la Sriracha, mais quand je parlede quelque chose qui chauffe, je parle plus d’un BBQ ou d’un petit poêle à gaz de camping. Y’en a qui vont apporter les deux, mais personnellement, un p’tit BBQ, ça fait la job. À limite, je suis le genre de gars qui a juste besoin d’une belle braise et d’une grille pour cuire un filet mignon ou des saucisses à hot-dog, mais comme on sait jamais si on va finir par se stationner dans le parking d’un Wal-Mart pour la nuit, c’est bien agréable de posséder un p’tit BBQ comme source de chaleur à cuisson, autant pour griller des aliments que pour faire bouillir de l’eau. (Faire un feu dans le parking du Wal-Mart…c’est pas la meilleure idée…)

Ton coffre coffre d’outils : savoir quoi apporter comme équipement de cuisine

Au même titre que Steve le charpentier qui possède des drills ou Martine la coiffeuse qui a son kit de bons ciseaux à cheveux, moi, j’ai mon coffre à outils de cuisine. Et sérieusement, si t’aimes cuisiner –et parce que manger, tout le monde aime ça- je te conseille de créer ton petit coffre d’outil pour faire de la bouffe un peu partout. C’est super pratique pis ça rend le monde heureux.

Pour ma part, j’ai quelques outils indispensables qui me servent lorsque je quitte ma cuisine pour aller faire à manger à l’extérieur. Dépendamment si je vais chez des gens, dans un parc ou en camping pour faire à manger, je vais apporter le nécessaire, mais en tout et partout.

Voici ce qui se trouve dans mon coffre:

  • Un bon poêlon.
  • Une paire de pinces.
  • Un bon vieux linge à vaisselle.
  • Une maryse. (Spatule molle)
  • Une planche de bois.
  • Du papier d’aluminium.
  • Huile, sel et poivre.
  • Des bons couteaux qui coupent.

Avec ça, t’es en business. Let’s go!

Fraîcheur et simplicité.

Après avoir dormi près du fleuve à St-Fabien la première nuit, notre but était de se rendre à Gaspé. Six heures de route ainsi que de beaux paysages nous attendaient avant d’arriver à destination. Je commençais déjà à googler afin de trouver les poissonneries du coin.

Arrivés à destination, c’était l’heure de la fermeture des commerces. Oups, nos habitudes de Montréalais ne nous ont pas signalé que dans les petits villages, pendant la saison morte, certains commerces ferment plus tôt ou n’ouvrent tout simplement pas. Il fallait faire vite. Hélas, nous étions arrivés trop tard.

Heureusement, un propriétaire d’une poissonnerie à Gaspé, nous ayant vu dans son stationnement prêt à importunément rebrousser chemin devant la porte barrée, a fait exception et nous a accueilli. Ouais. Nos habitudes de Montréalais ne nous ont pas signalé que dans les petits villages, peu importe quand, les gens sont chaleureux et accueillants. Bière de microbrasserie et saumon frais allaient donc être les éléments principaux pour notre premier vrai souper à bord de la caravane, stationnée non-loin du parc Forillon. Sweet moment!

La prochaine étape était alors de rejoindre un ami à L’Anse-à-Beaufils, tout près de Percé.

Philou, pour les intimes, habite la Gaspésie avec sa femme depuis peu. C’est avec passion qu’il nous a fait découvrir son petit coin de pays, où ses voisins sont des pêcheurs accostant leur bateau au quai, à quelques mètres de sa maison.

Autour d’une bonne bouteille le soir, j’anticipais déjà le matin à venir. J’allais pouvoir rencontrer les pêcheurs et leur acheter directement quelques fruits de la mer. Des aliments frais, c’est du bonheur à partager.

Cuisiner le homard dans une caravane

C’est avec une glacière remplie de crustacés vivants que nous étions à la recherche du perfect spot afin de s’installer et passer la soirée.

Après quelques heures de route, nous nous sommes arrêtés dans une marina à Baie-des-Chaleurs. La mer, les bateaux, la tranquillité et un coucher de soleil nous attendaient. Une fois bien stationné, j’ai pu commencer à opérer.

Par étape, voici ce que ça a donné:

  1. Remplir mon poêlon avec de l’eau de mer.
  2. Allumer mon BBQ et faire bouillir l’eau.
  3. Mettre le homard dans l’eau bouillante en prenant soin de couvrir le poêlon avec un papier d’aluminium. Vu la petite quantité d’eau, la vapeur aide à la cuisson.
  4. Une fois cuit, recommencer avec un autre homard. Et un autre…
  5. Décortiquer le homard, vider l’eau de la poêle et mettre les morceaux de viande à l’intérieur de celle-ci avec un peu de beurre, d’ail et de vin blanc à la fin (pour déglacer).
  6. Assis confortablement autour de la petite table, se foutre de la présentation et manger directement dans la poêle. #vanlife

* Boire une gorgée de bière Pit Caribou entre chaque étape.

Le homard, c’est une des choses les plus simples à cuisiner, mais il faut juste se donner la peine et quand tu peux voyager à bord d’une van aussi bien équipée, y a pas grand peine à se donner.

Short and sweet

Le souper était terminé qu’il fallait déjà faire de la route pour revenir à temps à Montréal. Le soir même, on a pu rouler jusqu’à Rivière-du-Loup. Sachant que je pouvais m’arrêter là où je voulais pour dormir, je n’avais pas peur de faire un maximum de route, jusqu’à ce que la fatigue me dise de me garer sur le bord de la route pour dormir.

En quatre jours, on a pu faire le tour de la Gaspésie. On aurait pris une ou deux journées de plus, c’est évident, mais c’était juste assez pour nous donner envie de refaire ce genre de voyage. Pour avoir vécu la vanlife, je comprends pourquoi certaines personnes choisissent de se sédentariser dans une fourgonnette.

Merci à la Sandwicherie pour le support dans cette aventure!